Présentation
On pourra toujours dire tout le mal possible d’Internet, mais je mesure l’immense champ d’échanges qu’il offre, en découvrant la multitude de sites et blocs thématiques proposés par des gens intelligents, engagés, informés, réfléchis, qui dominent un océan de micro-ghettos voués à la conviction assénée entre convaincus.
Je ne peux que constater que mes vaticinations politico-culturelles hétéroclites et sans prétention ne s’inscrivent dans aucune de ces deux cases.
Je ne les ai poursuivies depuis 2014 que parce qu’elles étaient une des raisons de mon plaisir à vivre et parce que je pensais qu’elles pouvaient être utiles, au-delà du modeste cercle de mes happy few, comme on dit en provençal.
Las, les logiciels (comme l’on dit aujourd’hui) qui soutenaient ma vision du monde sont grandement obsolètes, au vu des mutations de notre société et de celles du monde.
La lecture de ce site vous en dirait évidemment largement sur ce qu’étaient ces logiciels ...
Pour s’y retrouver, le lecteur pourra aller directement à "Plan du site" et à "Mots clés".
Bonne lecture.
Derniers articles
Articles les plus récents
-
28 décembre 2020, par René Merle
Il faut lire le magnifique et prophétique discours que Robespierre prononça le 2 janvier 1792 devant les Jacobins, au sujet de la guerre qui menaçait… Vous trouverez facilement le texte sur Internet. J’en extrais les quelques lignes suivantes :
« Le vrai moyen de témoigner son respect pour le peuple n’est point de l’endormir en lui vantant sa force et sa liberté, c’est de le défendre, c’est de le prémunir contre ses propres défauts ; car le peuple même en a. Le peuple est là, est dans ce (…)
-
28 décembre 2020, par René Merle
À 72 ans, Voltaire débute ainsi son Philosophe ignorant, publié sous un anonymat transparent fin 1766 : « Qui es-tu ? d’où viens-tu ? que fais-tu ? que deviendras-tu ? c’est une question qu’on doit faire à tous les êtres de l’univers, mais à laquelle nul ne nous répond. Je demande aux plantes quelle vertu les fait croître, et comment le même terrain produit des fruits si divers ? Ces êtres insensibles et muets, quoique enrichis d’une faculté divine, me laissent à mon ignorance et à mes (…)
-
28 décembre 2020, par René Merle
J’évoquais récemment Rousseau, avec une citation de Émile ou de l’éducation (1762) : Rousseau et l’inégalité. On peut lire quelques lignes, en amont de cette citation, une phrase si souvent reprise et commentée, jusqu’au contresens : « Ceux qui voudront traiter séparément la politique et la morale n’entendront jamais rien à chacune des deux. » Et c’est bien ce que signifiait Robespierre à la Convention quelques semaines avant d’être renversé, en rappelant que les Lumières, dont se (…)
-
28 décembre 2020, par René Merle
Délaissant la sévère édition princeps de 1912, j’ai relu Les Dieux ont soif dans l’édition contemporaine Folio, avec l’éclairante préface de Marie-Claire Bancquart et son bel appareil de notes. J’avais déjà traité du roman lors d’une précédente lecture, mais j’y reviens, car chaque lecture modifie l’angle d’attaque et la réception du lecteur. Le roman de France, dit-on, ne fit pas plaisir à son ami Jaurès, car il inscrivait l’épisode de la Terreur dans sa conviction que l’homme, animal (…)
-
28 décembre 2020, par René Merle
En rapport aux interrogations qui ont suivi les mouvements des Bonnets rouges, des Gilets jaunes, et que suscitent les mouvements anti pass actuels.
7 juin 1788, sanglante « Journée des Tuiles », le peuple de Grenoble s’émeute contre la suppression des pouvoirs du Parlement, une pluie de tuiles tombe sur le régiment Royal-Marine qui est mis en déroute… Le soir, une foule énorme acclame le Parlement victorieux, symbole de la société des privilèges ! Et il en va ainsi dans plusieurs (…)
-
28 décembre 2020, par René Merle
La guerre révolutionnaire, initiée en 1792, de défensive devint vite une guerre de conquête où l’ambition de libérer les "peuples frères" de la tyrannie et de la superstition se transforma vite en guerre de pillage et d’annexion. Pour autant, il est certain que, dans un premier temps à tout le moins, l’arrivée de l’armée française a été saluée avec ferveur par une partie de l’opinion "éclairée" gagnée aux Lumières. Quitte à être ensuite désabusées. Cf. par exemple : Edoardo Calvo, Jacobin (…)
-
28 décembre 2020, par René Merle
On lit dans les Pensées détachées ou Fragments politiques échappés du portefeuille d’un philosophe que Diderot publia en 1772 cette réflexion qui à bien des égards ne laisse pas d’être actuelle :
« Sur les cruautés exercées par les Espagnols en Amérique Est-ce la soif de l’or, le fanatisme, le mépris pour des mœurs simples ? ou est-ce la férocité naturelle de l’homme renaissant dans des contrées éloignées où elle n’était enchaînée ni par la frayeur des châtiments, ni par aucune sorte de (…)
-
28 décembre 2020, par René Merle
J’ai déjà évoqué sur ce site l’influence de la Révolution importée en Piémont, et le rôle à la fois admiré et détesté de Bonaparte. Cf. : Bonaparte « libérateur », Bonaparte criminel de guerre. Comment se comporta l’armée d’Italie en mai-juin 1796 Ce qui me renvoie à la belle figure du médecin turinois Edoardo Calvo (1773-1804), qui fut un des leaders de la jeune garde des démocrates piémontais, jacobins fils des Lumières, qui accueillirent avec enthousiasme la Révolution française, puis (…)
-
28 décembre 2020, par René Merle
Voltaire et Spinoza ? Allez, révisons un peu nos Lumières. J’ai déjà donné un extrait de ce Philosophe ignorant que Voltaire fit prudemment publier en 1766, sans nom d’auteur, mais dans un anonymat transparent,... Cf. : Voltaire, "Le philosophe ignorant"... Voyons maintenant comment, poursuivant sa longue et ironique promenade à travers les systèmes philosophiques du passé (dont il dit sortir aussi ignorant qu’il y était entré), ce que Voltaire dit de Spinoza. Voltaire présente, ma foi (…)
-
28 décembre 2020, par René Merle
Le texte est long, mais il vaut la peine de la lire dans son intégralité, tellement il témoigne de la lucidité prémonitoire de Robespierre, trop souvent considéré uniquement comme le "monstre sanguinaire" d’une Terreur dans laquelle le conduira le fil des événements, déclenchés par la majorité bourgeoise autour des Girondins, avec leur déclaration de guerre au Roi de Bohème et de Hongrie, le 20 avril 1792... Une guerre qu’il devra assumer, et qui, après sa chute, ouvrira la voie à la prise (…)